Politique

Passeport diplomatique d’Ali Bongo Ondimba : Ali Akbar dénonce une “désinformation” et une “atteinte au droit”

Une vive controverse agite depuis plusieurs jours les réseaux sociaux gabonais autour d’une supposée délivrance d’un passeport diplomatique à l’ancien président Ali Bongo Ondimba. Présentée par certains comme un geste d’apaisement politique, l’information est formellement démentie par le Parti Démocratique Gabonais (PDG), qui évoque une manipulation et soulève des accusations graves contre les autorités.

Dans une tribune au ton particulièrement offensif, Ali Akbar Onanga Y’Obeghe, secrétaire général du PDG, affirme que l’ancien chef de l’État « n’a jamais reçu » un tel document. S’appuyant sur des échanges directs avec l’intéressé, actuellement en France, il dénonce une « fausse information » relayée massivement et entretenue, selon lui, dans un climat de silence complice.

Un document jugé “faux” et juridiquement problématique

Au-delà du simple démenti, l’ancien ministre met en cause l’authenticité même du passeport qui circule en ligne, qu’il qualifie de « faux grossier ». Il estime que sa diffusion constitue une triple violation du droit gabonais : atteinte aux données personnelles, usurpation de l’identité visuelle de l’État et diffusion de fausses informations.

La tribune pointe notamment l’absence de réaction des institutions compétentes, en particulier la Haute Autorité de la Communication et les autorités judiciaires, pourtant dotées, selon lui, de moyens légaux pour faire cesser la circulation de contenus trompeurs. Deux hypothèses sont avancées : soit le pouvoir est à l’origine de cette information, soit il en tolère la propagation.

Le cœur du débat : le statut d’ancien chef d’État

Mais pour Ali Akbar Onanga Y’Obeghe, l’essentiel dépasse la question de la rumeur. Il met en cause le traitement réservé à Ali Bongo Ondimba depuis son départ du pouvoir en août 2023.

Selon lui, l’ancien président aurait quitté le territoire avec un simple passeport ordinaire, ce qu’il considère comme une « humiliation institutionnelle ». Il rappelle que le passeport diplomatique relève, à ses yeux, d’un droit lié au statut d’ancien chef d’État, et non d’une faveur accordée par le pouvoir en place.

La tribune évoque également une série de manquements présumés : absence de prise en charge officielle, gel de comptes, restrictions de droits et conditions jugées contraires aux textes en vigueur.

Une “diversion politique”, selon le PDG

Ali Akbar Onanga Y’Obeghe s’interroge aussi sur la médiatisation de cette affaire, estimant qu’elle détourne l’attention de sujets plus urgents pour les Gabonais, tels que les difficultés d’accès à l’eau, à l’électricité ou encore la cherté de la vie.

Il établit un parallèle avec le contexte politique récent, évoquant notamment l’arrestation de Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui suscite des réactions dans l’opinion publique. Pour lui, la coïncidence de calendrier n’est pas anodine et traduirait une stratégie de diversion.

Au-delà du cas individuel de Ali Bongo Ondimba, la tribune pose une question de fond : celle du statut et du traitement des anciens chefs d’État au Gabon. L’ancien président étant le premier à quitter le pouvoir vivant dans l’histoire du pays, la situation actuelle pourrait, selon le PDG, faire jurisprudence.

« La manière dont est traité un ancien chef d’État engage l’avenir de l’institution présidentielle elle-même », soutient Ali Akbar Onanga Y’Obeghe, appelant les autorités à respecter les textes et à garantir les droits attachés à cette fonction.

Dans un contexte politique encore marqué par la transition et ses recompositions, cette polémique illustre les tensions persistantes autour de l’héritage du pouvoir et des règles encadrant l’après-présidence au Gabon.

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